Dans mon travail pour mettre à terme tout en ligne, les notes diverses et variées me posait un problème. Comment garder au même endroit une trace de mes notes, des documents de traitement de texte, PDF, fichier Excel jusqu’au notes diverses et variées, pour pouvoir les retrouver, les trier, etc. Avant, tout était trié dans des dossiers sur le disque dur de l’ordinateur… Bref, je recherchais un bloc-notes en ligne, mais quel service utiliser ?
Mon choix, après quelques essais, s’est porté sur EverNote qui dépasse les 3 millions d’utilisateurs. Ce service web, en 18 langues, créé par Stepan Pachikov centralise en ligne toutes sortes de notes. Evernote est toujours disponible où que l’on soit pour capturer un élément à un endroit et y accéder depuis un autre.
Lors de certaines formations, j’explique aussi que grâce à Evernote, la notion de notes griffonnées sur un bout de papier que nous avons tous en mémoire se modifie… le concept de note est désormais plus large et surtout, les notes se partagent !
Le premier avantage d’EverNote est qu’il sauvegarde et synchronise entre les téléphones (Iphone, Android, BlackBerry, Windows Mobile…), les ordinateurs (Windows, Linux et MacOS) ou l’iPad les notes, idées, instantanés, enregistrements… Le but ultime étant la prise de note via son mobile (Possibilité d’ajouter uniquement des photos comme une carte de visite, un produit, une étiquette, un menu par exemple).
Ce n’est pas anodin cette précision concernant les images, car EverNote pratique l’OCR (reconnaissance optique de caractères) sur les images y compris les PDF. Cela permet de retrouver le texte dans les images. Facile dès lors d’effectuer une recherche dans les textes traditionnels mais aussi dans les images.
Concrètement que peut-on faire avec EverNote (je prépare une liste d’exemples concrets d’utilisations) :
capturer des pages web (entières ou une partie)
ajouter des photos scannées, depuis un appareil photo ou par la webcam
enregistrer des notes audio
rédiger des textes ou des listes
effectuer des copier/coller en conservant la mise en forme
des captures d’écran
depuis le Mac, une possibilité d’envoi directement dans le menu imprimé depuis toutes les applications
partagés des carnets de notes peuvent être publics
Evernote permet de taguer avec un ensemble de mots clés (géotaguées également) les notes regroupées au sein de différents carnets de notes. Il propose en complément des fonctions de filtrage avancées notamment grâce au contenu automatiquement indexé et par les tags qui permettent un tri alternatif, en plus de la classification par bloc-notes et notes. Les recherches peuvent êtres sauvegardés pour en faire de nouvelles listes dynamiques.
Une fois l’outil en main, on a même tendance à prendre toutes sortes de notes à la volée, une idée, une adresse postale, le nom d’un artiste entendu à la radio, un billet d’avion et le numéro de confirmation, des notes prises au cours d’une réunion, un voyage à planifier, recettes de cuisine… Le bon vieux bloc-notes papier en prend un coup.
Le dernier 14 juillet dernier, le projet Evernote Trunk (en référence à la trompe de l’éléphant, logo d’Evernote), un App Store like, a été ajouté. Des moyens supplémentaires de tout transformer en note grâce à la centaine d’applications disponibles ou de travailler différemment avec ces notes : annotation PDF, « mind mapping »…
La révolution de la prise de note continue car le future sur l’Ipad devrait apporter son lot de surprises dans les mois à venir. Le bruit d’une solution de dessin de schémas avec le doigt en fait partie !
En attendant, la version de base est gratuite (40Mo par mois), même si j’envisage pour ma part de passer à la version Premium. La sauvegarde de l’ensemble des fichiers pour l’instant est mise en vrac dans la Dropbox.
Une nouvelle vie pour les notes à voir, à lire ou à entendre qu’il faut observer d’un nouvel œil.
Regard sur l’image est un essai illustré d’Hervé Bernard, préfacé par Peter Knapp sur la lecture de l’image, notamment la perception visuelle et culturelle d’une image. Ceux qui étaient présents à la matinée consacrées aux images lors des journées du contenu web ont découvert Hervé Bernard : photographe, journaliste et enseignant.
La première partie de Regard sur l’image est consacrée à la technique photographique : cadrage et le format, angle de vue, focale, la lumière, la couleur, etc. La seconde parle de l’oeil, l’organe de la perception visuelle. La troisième de la perception culturelle de l’image.
Ce livre permet de décrypter les images et de comprendre comment fonctionne notre regard… Regard sur l’image rend caduc l’objectivité de la photographie et met en relief la subjectivité de la représentation de l’image suite aux choix lors de la prise de vue et lors des transformation selon l’exploitation de l’image.
En complément, rien ne vous empêche de suivre le blog éponyme : Regard sur l’image.
Ce livre de 350 pages comprenant 150 illustrations (Format : 21 x 28 cm – ISBN : 9782953665901 – 40 €) est disponible sur le site de l’auteur.
Avant le départ en vacances, le dernier Open Coffee Lillois dans sa nouvelle configuration mensuelle a je pense répondu aux attentes des uns et des autres.
Selon la formule que nous avons mis en place, après un tour de table de présentation de la dizaine de présents malgré la chaleur, nous sommes rapidement entré dans le vif du sujet avec l’instigateur du Capital altruiste : l’intarissable Thierry Klein qui a d’ailleurs mis Speechi à l’heure de ce capital altruiste. Au passage, les statuts du capital altruiste sont disponibles en open source, sur demande.
Intrigant, intéressant… le débat ne laissa pas indifférent le public dans lequel on retrouvait par exemple Olivier Laplace qui a annoncé le lancement officiel de son projet en septembre (l’Open Coffee de la rentrée ne serait pas l’occasion rêver pour nous présenter ce projet ?), Clémence Decugis et Quentin Tousart de l’agence Webpulser (agence web agile et open source, notamment dans le domaine du site de commerce électronique, spécialiste de développement d’application en ligne avec Ruby on Rails en France) accompagné d’un spécialiste du développement agile, Christophe Calonne, Emeric Bayart (Lauréats de la région Nord-Pas-de-Calais d’Envie d’agir avec son projet dans le domaine du développement durable : appel d’air), Olivier du Sartel (Consultant en performance commerciale), un autre vendeur de lanternes volantes (le Nord est-il devenu le fief des lampes célestes ?).
Après une petite pause, ce fut au tour de Julien Derville de présenter youkado.com, les coffrets 100 % objets. En effet, à la différence des autres coffrets cadeaux sur le marché qui offrent en général du service, youkado permet d’offrir un objet dans une liste de cadeaux en ligne. Le principe est un peu similaire à celui des chèques cadeaux… Les déclinaisons actuelles : 100 % femme, 100 % homme, fille, garçon, green, foot… seront certainement appelé à s’étendre (je n’en dis pas plus… je pense qu’en commentaires certains se feront un plaisir (sans jeu de mots) d’évoquer mes propositions ;-)
Le côté Open Coffee dédié aux coffrets cadeaux était renforcé avec la présence de Bertrand Vercamer et Thomas Lefévère, les co-dirgeants du comparateur de coffres cadeaux : mon-coffret-cadeau.com, La sélection et l’achat simplifié parmi plus de 500 coffrets cadeau !
Seul absence notable, personne ne représentait officiellement le Pôle Régional Numérique PRN (Pôle Régional Numérique) qui avait pourtant confirmé leur venue quelque temps auparavant ! Il semble toujours aussi difficile de faire bouger institutions et organisations locales !
En tout état de cause, ce mercredi 7 juillet l’heure de « clôture » a explosée… puisque les discussions ont continué tard dans la soirée au pied du café citoyen ;-)
Vous pouvez déjà noter le prochain rendez-vous… Le 1er mercredi du mois de septembre sera le 1er septembre, quelques jours avant la célèbre braderie de Lille :-) En attendant, vous pouvez nous rejoindre sur le groupe Facebook dédié aux Open Coffee Lille !
Pour mémoire l’open coffee a été lancé pour encourager les entrepreneurs, les développeurs et les investisseurs dans le monde du web et d’Internet à se retrouver lors de rencontres informelles dans la vie réelle afin de discuter, échanger, réseauter en s’appuyant et favorisant l’écosystème locale.
Le développement de l’identité numérique Post Mortem (INPM) entraîne l’apparition de nombreux services en ligne permettant à l’internaute de confier les mots de passe de ses divers comptes et les instructions qu’il souhaite voir transmises aux ayants droit après son décès.
Cette solution pose toutefois des problèmes de confidentialité, certaines plates-formes interdisant en effet dans leurs conditions générales toute transmission de mots de passe à des tiers comme il était indiqué dans le billet précédent : Mort IRL et mort numérique : La mort d’un internaute.
En voici quelques-uns :
Pour vous aider avant votre décès à transmettre, en payant, à vos héritiers vos codes d’accès ou autres informations personnelles, Legacy Locker, Asset Lock ou Deathswitch se sont lancé sur ce marché au niveau US notamment.
Après la mort propose de délivrer après votre mort à vos proches, amis ou ennemis, des messages d’amour ou de haine que vous leur aurez préparés et postés de votre vivant.
Vous devez « pointer » régulièrement sur ce site au risque au 3e manquement… Aprèslamort vous considère comme décédé et vos messages post mortem seront délivrés aux destinataires avec l’avis de décès
Grâce à La vie d’après , vous pouvez léguer à vos proches vos identifiants et mots de passe de l’ensemble de vos comptes (Facebook, blog, banque…), déposer des documents de valeur (contrats d’assurance, actes notariés…), laisser des photos ou vidéos ou encore écrire un message à lire après votre trépas ! Trois mandataires sont conseillés pour avertir le site de votre mort et ainsi pouvoir partager les infos avec vos proches. Le tarif est d’environ 40 € par an.
Carnet de Vie d’Etherna Family Services offre la possibilité de révéler ses données les plus intimes de notre vie à l’heure de votre départ. Il suffit de choisir le ou les destinataires pour chacune des informations strictement privées que vous choisissez de consigner dans le carnet, vous vous assurez que chacun prendra connaissance de ces avec les mots que vous aurez choisis. Cependant, j’ai du mal à calculer le coût d’utilisation du service.
Et entre le « testament » et le décès, il peut se passer du temps. Vos destinataires peuvent avoir changer de compte et donc d’adresses email, par exemple…
Le réseau social de la mémoire : mémoire des vies permet d’entretenir en ligne la mémoire de proches disparus, de décrire la vie du disparu dans un lieu de souvenir, d’échange et de partage avec des textes, des photos, des vidéos, des enregistrements sonores… Facebook, YouTube, Dailymotion, Twitter… sont de la « fête ».
Mémoire des vies ratisse large puisque dans le titre de sa page : Mémoire des vies | hommage à un être cher lors d’un deuil avec Mémoire des vies | annuaire des professionnels du funéraire et des obsèques ! qui en fait plus par certains aspects le supermarché de la mort avec son annuaire des professionnels selon les régions !
Dans lecimetiere.net, les stèles s’usent au fil de l’année et les bougies fondent, les fleurs se fanent…
D’autres services comme ce nouveau service gratuit de publication d’avis de décès en temps-réel sur Internet, par email via Netcropole.
Reste peut-être aux états à réfléchir sur les solutions à mettre en place dans de telles situations notamment d’éclaircir au niveau juridique de la notion d’identité numérique, y compris avec après le trépas d’un individu.
Les rites mortuaires commencent à s’exprimer sur le net…
Lors de la préparation de cette série d’articles sur la vague funéraire du net, je me suis vite aperçu de la « sensibilité » du comportement et de réactions des uns et des autres au vu des rites mortuaires sur Internet. Risible, morbide, ou voyeur pour les uns ; nouvelle façon de rendre hommage, de « parler », de faire son deuil pour les autres ! Le débat de société est lancé !
En tout cas, il est clair que les utilisateurs du net s’emparent librement des symboles mortuaires et développent, sans le savoir le plus souvent, les rituels de demain
Dès mars 2005, des “commémorations mortuaires” étaient organisées dans le World of Warcraft pour un décédé. Mydeathspace recensait les utilisateurs de MySpace.com décédés avant de devenir une sorte de journal morbide ou non selon la personnalité du lecteur.
Les sites funéraires et les cimetières virtuels fleurissent désormais. En général, ils permettent de créer une page pour célébrer la mémoire d’un membre de sa famille, un ami, un chien ou une célébrité comme lecimetiere.net
Parfois, ce sont des blog, y compris et surtout sur Skyrock, comme Hommageojeune – un hommage pour tous les jeunes décédés !!!
Et là, de nouveau nous retrouvons les problématiques de l’article précédent : le défunt souhaitait-il cette «exposition», cet hommage est-il fait par la famille ou par des amis.
Le blog de Clélia, assassinée en février 2008, est animé désormais par sa mère pour nous «parler de la jeune femme adorable qu’elle était » est simple à analyser.
Que se passe-t-il en cas de désaccord de la famille ? Lors de mes recherches, j’ai ainsi trouvé le site en hommage à une fille pour lequel à un moment la famille avait demandé à une amie de la disparue de suspendre l’animation du blog, puis quelques mois plus tard, autorisait de nouveau les publications !
Et quel jugement apporter sur les sites ou blogs au sujet des enfants morts-nés où l’on continue de leur souhaiter un anniversaire quelques années plus tard ?
Et puis, la notion de cimetière virtuel ne s’arrête pas à l’humain ! Les cimetières pour animaux ont également fait leur apparition : le cimetière animalier, le cimetière pour chien, etc. La requête «cimetière virtuel animaux» dans Google est explicite au niveau des résultats !
Et de nouveau le jeu (voir le 1er volet : Mort IRL et mort numérique : le post-mortem de l’identité numérique d’un défunt), avec Ils vont bientôt mourir «Jusqu’ici la mort des célébrités ne vous avait jamais rien apporté ? Et bien aujourd’hui, elle vous permettra de gagner des cadeaux.»
Second degré, j’espère, il est précisé : «Il est interdit de provoquer la mort d’une célébrité en vue de gagner un pari.»
Si vous le voulez, vous pouvez également mourir pour 20 jours afin d’expérimenter une vie virtuelle après la mort. Ce cimetière des libres-penseurs de 600 places est à votre disposition !
Et puis, nouveau rite funéraire pour certain(e)s, n’oubliez pas votre Porn Buddy si vous avez peur que votre famille découvre vos films XXX après votre décès? Le porn buddy est un ami proche dans la confidence qui a votre mort débarrassera la maison et l’ordinateur de toutes traces compromettantes avant que la famille ne fasse le tri.
Je me suis arrêté à ces aspects dans ma petite étude. Mais, on peut se poser encore différentes questions : l’influence de l’âge (du mort, de son entourage), du type de décès (mort par accident, suite à un crime, de sa belle mort…), du sexe (les hommes réagissent-ils de ma même manière que les femmes sur ce sujet), le niveau d’éducation, etc. Les réponses sont en suspend… Qui s’y collera ?
Dans l’article précédant, bon… Rien de bien extraordinaire au sujet de la mort d’un point de vue virtuelle ou numérique !
Dans cette partie, il en va tout autrement ! Cela concerne l’homme de la rue utilisateur d’internet, mais aussi les personnes qui publient anonymement (il y a quand même quelqu’un derrière cet anonymat), les gens plus ou moins célèbre dans la vie réelle ou sur la toile, et toutes les personnes publiques et privées : l’internaute. L’internaute décédé aura son identité numérique qui lui survivra même si les héritiers s’en mêlent !
Allons-y pour un exemple ! Je viens à décéder. Que se passe-t-il pour mes courriers électroniques ? qui peut y accéder ? qui peut lire le contenu de mes correspondances ? cela concerne toute mes boîtes aux lettres ou seulement celle dont mon entourage connaît l’existence ? J’ai peut-être écrit des choses qui déplaisent à ma famille, qui sait ! J’ai peut-être les preuves de mes infidélités à ma femme, allez savoir !
Et, mes sites… Il y a ceux que je revendique et ceux que je cache ! Qui décidera de leur sort ? Est-ce que je désire ou non que les uns ou les autres perdurent ? Est-ce que les commentaires seront encore autorisés ou pas puisque je ne peux plus y répondre ? Est ce que je souhaite que quelqu’un prenne ma suite ?
Que faire de mes réseaux sociaux ! Une sanctuarisation de mon profil en mode mémorial comme le propose Facebook, pour rendre hommage à l’ami disparu tout en supprimant certaines fonctionnalités devenues inutiles ou propices à des atteintes au respect du défunt (voir l’article de rue89 http://www.rue89.com/et-pourtant/2009/01/21/quest-ce-qui-arrive-aux-comptes-facebook-apres-la-mort).Je ne veux pas de pierre tombale numérique ou réelle, je suis contre toutes formes d’idolâtrie ! Mais, qui indiquera à Facebook et consorts ma disparition ?
Il y a aussi les photos (mes archives familiales y compris) que je dépose sur le net, les films, les présentations Power Point, les Tic Chti… bref, toutes les traces privées et professionnelles que je laisse ! Comment mon entourage pourra récupérer ce qu’il doit récupérer et détruire éventuellement ce que je souhaite voir disparaître après ma mort ? Qui décidera et en fonction de quoi ?
Et les activités professionnelles, j’utilise des outils pour améliorer la visibilité des entreprises pour lesquelles je travaille et aucune procédure n’a été mise en place en cas de mon décès ! Pour les comptes Facebook, Twitter, etc. je suis parfois le seul à posséder les identifiants ? Bonne chance à ceux qui reprendront le flambeau de mon travail et qui devront assurer la pérennité de mes missions ?
Je pourrais continuer longuement cette liste… afin d’alerter mes divers héritiers, qui a n’en pas douter, seront bien ennuyés au fil du temps avec mon héritage numérique et mes dizaines d’identités numériques différentes !
Encore une fois retournons dans le passé (celui d’avant Internet). Que se passait-il lorsque quelqu’un venait à mourir ? Vos héritiers vidaient votre logement où étaient stockés l’ensemble de vos souvenirs : la boîte de biscuit avec des petits objets ou messages accumulés au fil du temps, votre courrier de jeunesse (vous savez vos courriers d’amoureux enflammés), vos journaux intimes… La boîte à biscuit est vidée de son contenu avec un peu plus d’attention que le reste, les courriers d’amoureux mis dans le feu et les journaux même pas repéré et jeté dans la benne !
Mais, sur Internet ! Pas question de faire le vide dans les données personnelles du défunt aussi facilement et puis le souhaitait-il ? Quelle est la pudeur du trépassé et de ses légataires ? On parle beaucoup de l’oubli numérique autour de nous, mais l’extinction naturelle de la présence n’est pas pour demain !
D’ailleurs l’oubli numérique s’applique-t-il sur la vie privée d’un trépassé alors que le droit au respect de la vie privée s’éteint avec le décès de la personne et donc les vivants sont les seuls titulaires de ce droit ? Et, le secret de la correspondance, qu’est ce qu’il devient dans l’histoire… puisqu’à la mort du destinataire, le secret des correspondances ne peut plus être invoqué. Ce ne sont pas là quelques lettres poussiéreuses… mais l’ensemble d’une correspondance sur des années ! On retrace une vie de cette manière.
Première question à se poser : y a-t-il quelqu’un qui a accès à vos différents comptes (pour l’instant, j’ai la chance d’avoir des tiers autorisés auxquels peuvent être transmis mes informations privés, sinon que se passerait-il ?) ! Sans ce sésame en poche, l’accès à mes comptes est impossible et il est difficile de les gérer. Mes comptes ont de fortes chances de rester ouverts encore pendant longtemps !
Déjà que je n’arrive pas à récupérer certain mot de passe ou accès de mon vivant ! Comment vont faire mes héritiers ?
Seconde question. Effacement ou transmission des données ? L’effacement d’un compte et la transmission des données qu’il contient ce n’est quand même pas la même chose au niveau de l’intimité numérique. Et là, pour ajouter un peu à l’embrouille, selon les services… soit le contenu est simplement supprimé, soit il est transmis aux légataires. Il n’y a pas de règles générales, mais une règle par service.
Et encore, c’est sans compter sur la suppression des données personnelles dans certains réseaux sociaux et moteurs de recherche à la demande des ayants droits.
Mais l’affaire se corse rapidement. Le défunt s’est exprimé dans un site public genre forum, Agoravox… ou sur son site personnel ? Dans le premier cas, bien souvent, les participations deviennent propriétés du site !Il est donc difficile d’intervenir et les publications peuvent rester en ligne ad vitam æternam.
Pour le site personnel, selon les conditions d’hébergement à la fin du paiement le site s’autodétruira ! Quid des sauvegardes et de la restitution des contenus ?
Et d’ailleurs, simplement dans le domaine du courrier électronique, on parle de quoi ? Des courriers précédemment ouverts ou seulement ceux qui n’ont pas encore été lus ? Bon, le réflexe serait de dire : comme pour le courrier traditionnel, on peut tout lire !
Oui, mais voilà, l’un de ces courriers contient une œuvre ! La législation n’est plus la même… Nous passons sous la coupe du droit d’auteur (la création d’un site est une œuvre) ! Ceci implique de différencier droits patrimoniaux (droit d’exploitation par les héritiers pendant 70 ans et ensuite l’œuvre tombe dans le domaine public) et droit moral (une œuvre, un site par exemple, ne peut être modifié sans l’accord des héritiers).
Même si cela peut choquer, l’aspect financier n’est pas à négliger dans le trépas d’une personne ! Que deviennent ses biens virtuels : fichiers MP3 achetés, films et livres électroniques téléchargés, ou les biens immatériels acquis dans les jeux en ligne, etc. Qui hérite et de quoi ?
Et si, au lieu de tout supprimer, de tout vouloir épurer… on souhaitait conserver l’historique de sa vie pour les générations futures (autrement dit avoir un désir de postérité) ? Après tout, le droit d’expression et de pensée d’un défunt peut continuer de vivre… un peu à l’image du blog de Blogokat (voir l’article précédent : La mort numérique volontaire et De la mort des notoriétés) !
C’est par exemple le choix de la famille de Renée Wathelet bien connue dans le monde des blogs au Canada, 9 mois après son assassinat. Son profil Facebook est toujours en ligne ainsi que son compte Twitter.
Le quart d’heure de célébrité d’Andy Warhol prend un coup de vieux !
Juste un conseil dans ce cas, pensez aux standards numériques sinon comment feront les générations futures pour consulter les productions passés ?
D’autres souhaiteront certainement voir une action se faire tel ou tel jour ! Qui en est responsable ? Et puis, d’autres formes d’hommages seront rendues à n’en pas douter dans l’avenir ! Qui sera le mayor de votre tombe sur Foursquare ?
Reste la solution : le testament numérique pour gérer son héritage numérique comme l’a fait Michelle Blanc avant son opération.
Dans le domaine de l’identité numérique, il y a en un qui émerge en ce moment : celui de l’identité numérique post-mortem. En effet, que se passe-t-il après un décès naturel, par accident, etc. dans le monde réel (IRL : In Real Life) ? La mort numérique ne va pas de pair, bien au contraire avec l’apparition de cimetières numériques… Et puis, on parle désormais de testament numérique à mettre en place et même la législation dans ce domaine à voix au chapitre !
Depuis que je suis sur Internet la question m’a rarement effleuré l’esprit même si depuis quelques années on commence à voir sortir des papiers principalement virtuels sur le sujet ! D’ailleurs, c’est lors d’une « interview » d’une future étudiante de l’ESJ (École Supérieur de Journalisme) de Lille que j’ai commencé à réfléchir à ce domaine de la vie privée, aidé par la publication dans la même période de plusieurs articles sur le sujet.
En réfléchissant aux éléments de réponse que je donnais à l’étudiante, je me suis aperçu que moi aussi j’étais au cœur du problème avec ma page en hommage à Jean-Pascal Grevet, fondateur de la revue Icônes !
Aussi, pour m’aider à structurer ma réflexion sur le sujet, rien ne vaut une carte heuristique sur la mort numérique !
La mort numérique volontaire
Qui n’a pas eu un jour envie de disparaître du monde numérique ? Peut-être pas totalement mais suffisamment pour marquer les esprits !
Un exemple sera plus concret… Qui se souvient du blog Blogokat ? Ce blog anonyme mais réputé notamment dans les milieux de la documentation était anonyme ! On savait juste qu’elle s’appelait Blogokat pour la plupart des internautes !
Lors de la création de son blog en octobre 2004, elle avait prévenu : «Et puis, inévitablement, je me pose des questions :
- vais-je trouver de la « matière » afin d’alimenter régulièrement mon premier blog ?
- vais-je le mettre à jour assidûment ?
- est-ce une seulement une nouvelle lubie ou vais-je réussir à continuer au-delà des premiers jours ?
- est-ce que ma prose sera lue ou ignorée ?»
Trois ans plus tard, fin septembre 2010, le point final : «Après des faux départs et retours manqués, j’ai décidé qu’il était temps de mettre un point final à BlogOKat… D’autant que désormais, un projet personnel qui me tient à cœur va me demander du temps et de l’énergie. Et puis, comme je l’ai écrit dans un billet précédent, l’envie n’est tout simplement plus là.»
Je garde dans un coin de mon agrégateur de flux les anciens blogs aujourd’hui disparus selon le désir des uns et des autres ! Il y a un paquet de morts numériques volontaires !
Bref, rien à redire… Les internautes concernés ont choisi leur « propre » mort ! Cependant, même mort, la plupart continu d’être présent sur la toile ! On est loin d’une extinction naturelle de la présence. Le site n’est pas détruit… donc, est-ce réellement une mort numérique ? Oui, dans le sens de la mort : qui a cessé de vivre car il n’est plus animé, alimenté, etc. Non, car il est toujours présent sur la toile donc toujours vivant !
La plupart des abandons, des morts numériques volontaires ressemblent à celle de Blogokat… Le blog ou le média est « mort », pas la personne qui le détient ! Enfin, j’espère dans le cas de Catherine de qui je n’ai pas eu de nouvelles depuis longtemps :-)
Signalons d’ailleurs que la mort numérique de Blogokat pourrait s’apparenter à une mort complète : Blogokat n’a qu’une existence passée sur le net, pas d’entité actuelle, juste une existence momentanée due à son anonymat !
On pourrait également rapprocher cette forme de mort à la fin d’un jeu ou la fin de l’utilisation d’un avatar ! La mort d’une représentation de soi à une période donnée.
Cependant, la plupart des sites ne meurent jamais, les archives du web nous rappellent nos sites passés à moins que vous n’ayez pris la précaution de mettre votre blog au cimetière des blogs.
De la mort des notoriétés
J’ai longtemps cherché un terme pour définir une distinction entre l’homme de la rue et les personnes possédant une notoriété publique quelle qu’elle soit ! En effet, sur Internet, chaque internaute devient une personnalité publique, ce n’est pas pour autant une personne de renom.
Pourquoi cette distinction ? Si je me réfère au passé (avant l’existence d’Internet) que se passait-il pour les personnalités publiques ? On trouvait leur trace sur des tableaux, par des statues, par les livres publiés, par leurs chansons ou leurs films rediffusés, etc.
Aujourd’hui, ces marques de notoriétés publiques sont également visibles sur internet ! Ce n’est plus le who’s who qui fait référence mais Wikipédia !
Certains l’ont compris… On les considéra peut-être comme mégalomane, mais Thierry Ardisson par exemple expliquait qu’il préférait lui-même créer le site qui passerait à la postérité ! Posséder son linceul ou sa pierre tombale numérique comme d’autres préparent leurs funérailles, achètent leur caveau de famille… de nombreuses années à l’avance !
Il explique très bien son héritage numérique dans une interview à Paris Match.
Et puis, il y a ceux qui n’avait rien prévu mais qui sont décédés ! Un hommage posthume leur est parfois rendu sur la toile du net !
C’est ce que j’ai fait avec Jean-Pascal Grevet, qui a marqué l’arrivée des ordinateurs Macintosh en France et qui était surtout connu au niveau francophone pour la revue qu’il dirigeait de main de maître : Icônes. La revue majeure du monde Mac pendant une dizaine d’année. Je dois toujours rédiger son entrée dans Wikipédia !
D’autres morts célèbrent font couler beaucoup d’encre sur le net ! Ainsi, à la mort de Michael Jackson, on a vu fleurir une pléiade de sites en tout genre à son sujet ! D’ailleurs, Yann Kervarec, le président du fan-club Français de Michael Jackson me précisait que cela n’était pas que sur Internet. Des associations et autres structures sont apparues après la mort de l’artiste !
Là, on touche le domaine des fans ! Mais, avec cette abréviation de fanatique, on est de plain-pied dans le monde des passionnés à l’excès. La vie de ces artistes et autres personnalités publiques ne leur appartient plus ! Des internautes leur vouent une dévotion incommensurable et cela se retrouve sur le net !
On pourrait donc comprendre l’apparition des sites comme je suis mort (rien que le titre m’effraie !). JeSuisMort.com sous couvert de biographies de célébrités et de personnalités disparues emploie un vocabulaire macabre : cimetière, tombes, silence… mais rapidement on mélange les genres : … leur rendre hommage et faire ainsi évoluer leur score de popularité.
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